La « une » de la plupart des journaux est consacrée à la visite de travail du Ministre russe des AE, Sergueï Lavrov, à Erevan, qui s’est entretenu avec le Président Sarkissian et son homologue arménien. M. Sarkissian s’est félicité du dynamisme des relations arméno-russes qui se traduit par des rencontres régulières entre les Présidents des deux pays, les membres du Gouvernement, les parlementaires ou encore les représentants des administrations locales. Les interlocuteurs ont passé en revue l’agenda bilatéral, mais aussi le partenariat des deux pays dans le cadre de l’UEE, de l’OTSC, de la CEI etc. Au cours des 18 derniers mois, une trentaine d’accords intergouvernementaux, interparlementaires ou interrégionaux ont été signés entre les deux pays, ce qui témoigne de l’étroitesse de leur relation. MM. Sarkissian et Lavrov ont eu un échange sur le conflit du HK et des questions d’actualité régionale et internationale.
Lors d’une conférence de presse avec Edward Nalbandian, M. Lavrov a été prié de commenter le projet de résolution du parlementaire britannique Robert Walter relatif au conflit du HK, qui a été adopté par la Commission des questions politiques de l’APCE. Selon le Ministre russe, les tentatives faites par l’APCE d’intervenir avec un document dans le conflit non résolu du HK, portait préjudice aux efforts des coprésidents du Groupe de Minsk. « Nous - la Russie, les États-Unis et la France - sommes fermement contre toute tentative qui viserait à aborder le sujet du règlement du conflit du Haut-Karabakh à travers d’autres plateformes internationales, en lieu et place du dialogue cohérent, pragmatique et patient, qui a déjà lieu sur le sujet. Personne, au nom de la communauté internationale, ne leur (à l’APCE) a confié une telle tâche ». Le Ministre a rappelé que seuls la Russie, les États-Unis et la France disposent d’un mandat international de médiation dans ce conflit. « Toute action radicale, drastique, qui que soit son auteur, ne peut que nuire à cette cause et au trava il des coprésidents ». Edward Nalbandian, quant à lui, a refusé de commenté ce projet de résolution, qui ne « méritait pas d’être commenté ». Il a dit n’être point surpris de ce rapport, dont l’auteur est une personne qui a été pendant de nombreuses années membre d’un groupe pro-azerbaïdjanais dans le parlement britannique et qui est financé, selon des rapports de presse britanniques, par Bakou. Le Ministre russe a dit, au nom de son pays, soutenir la position d’Erevan, selon laquelle le conflit du HK n’avait pas de solution militaire. Il a remercié l’Arménie pour la solidarité manifestée à la suite de la catastrophe aérienne en Egypte, notant que « l’Arménie et la Russie peuvent toujours compter l’une sur l’autre » et que « les deux pays sentent toujours le soutien de l’autre ».
Par ailleurs, le Ministre russe a été interrogé sur la crise syrienne. Il a estimé que les négociations de Vienne constituent le début d’un processus de règlement et a jugé positif que pour la première fois, tous les acteurs, qui, d’une manière ou d’une autre, ont une influence sur des groupements en Syrie, s’y soient réunis. Selon lui, toutes les parties se rendent compte que l’effusion de sang doit être arrêtée. Selon le chef de la diplomatie russe, le départ de Bachar al-Assad, chose que désirent les Etats-Unis et nombre de pays européens, serait une solution facile de la crise syrienne. « Certains tentent de présenter la crise syrienne comme un conflit entre les sunnites et les chiites, ce qui est une grave provocation. La principale préoccupation de la Fédération de Russie est que les terroristes ne puissent accéder au pouvoir en Syrie ».
Les quotidiens se montrent quelque peu déçus du peu de déclarations publiques faites par le Ministre russe et notent que ce qui a été dit devant les journalistes n’était que la partie visible de « l’iceberg », tandis que les choses les plus importantes ont été négociées en coulisse. Pour 168 Jam, les communiqués officiels et les déclarations devant les journalistes n’ont pas su donner une réponse à la question de savoir quelle était la mission de M. Lavrov. Ce journal se dit convaincu que le Ministre russe était venu pour « demander quelque chose aux autorités arméniennes ». Haykakan Jamanak croit être informé de « sources pro-gouvernementales » que la Russie tenterait de convaincre l’Arménie de restituer quelques territoires avoisinant le HK à l’Azerbaïdjan, ce qui permettrait à ce que ce dernier pays adhère à l’UEE. Selon Haykakan Jamanak, c’est ce thème qui aurait dominé lors des négociations du Ministre russe avec les autorités arméniennes.
Revue de presse du 10 novembre 2015 de l’Ambassade de France en Arménie