Migrants : les Européens jouent à la roulette turque


Migrants : les Européens jouent à la roulette turque

  • 13-11-2015 17:13:42   | Turquie  |  Politique

Qui a dit que le président turc n'était pas un partenaire fréquentable ? Certes, les droits de l'homme et les libertés – d''expression, de la presse ou encore du Web – ne sont pas les sujets favoris de Recep Tayyip Erdogan. Mais ce n'était pas ce qui tracassait les 28 chefs d'État européensréunis jeudi pour un sommet informel sur l’île de Malte. Comme l'a rappelé Francois Hollande, « chaque fois qu'il y a des manquements [aux libertés en Turquie], nous les évoquons. Là, il s'agit d'abord des réfugiés. » Le président Recep Tayyip Erdogan est donc invité à la table des chefs d'État à la fin du mois de novembre. Aucune date n'a pour l'instant été arrêtée. Les Européens attendent officiellement la formation du nouveau gouvernement après la victoire de l'AKP aux élections législatives du 1er novembre.

La France n'est pas la seule dans l'Union européenne à espérer qu'Ankara, considéré comme un pilier pour la stabilité de la région, arrête le flux de migrants et de réfugiés syriens vers le continent européen. En échange, la facture est salée. La Commission européenne avance le chiffre de 3 milliards d'euros à verser à la Turquie au plus vite. Le gouvernement turc recevrait ainsi 500 millions d'euros directement de la part du budget européen, la part la plus importante étant directement portée par les États membres, soit 2,5 milliards d'euros. La Commission propose notamment à la France de verser près de 386 millions d'euros et à l'Allemagne 534 millions d'euros pour la Turquie, selon un calcul fait en fonction du revenu national brut.

Des sources de financement qui divisent. Sur ce montant, "il n'y a rien encore d'établi", affirme ainsi François Hollande, qui voudrait que la somme soit "dans la mesure du possible" portée par le budget européen. Angela Merkel est, elle, prête à davantage de concessions. La chancelière allemande déclare ainsi avoir des "éléments de flexibilité dans son budget 2016". Quoi qu'en pense le président français, il semble difficile de prendre davantage sur le budget européen : la Commission doit déjà rogner sur d'autres programmes européens pour dégager 1,8 milliard d'euros pour aider l'Afrique à lutter contre les "causes profondes" des migrations. Dans ce cadre, la France devrait verser 3 millions d'euros. Rien à voir avec la somme qu'elle devrait engager avec la Turquie.

 

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