L’ensemble de la presse rend compte de l’entretien de l’ex-président Robert Kotcharian avec Deutsche Welle, dans lequel il a renouveléses critiques à l’égard de la réforme constitutionnelle, estimant qu’elle contribuera à ce que le pouvoir soit concentré entre les mains d’unseul parti politique. Selon lui, l’Arménie est plus fonctionnelle comme une République semi-présidentielle. Il dénonce le fait qu’un partipolitique doit nécessairement obtenir la majorité parlementaire, ce qui réduit à néant, selon lui, le sens du parlementarisme : l’avantaged’une République parlementaire réside dans la présence de nombreux partis politiques à l’AN. Selon l’ex-président, alors que lamotivation de la réforme est de décentraliser la prise de décision, elle ne fera que concentrer le pouvoir entre les mains d’un seul acteurpolitique. L’ancien Président a en outre commenté l’adhésion de l’Arménie à l’UEE, observant que les attentes de l’Arménie vis-à-vis decette union ne sont pas encore justifiées : les exportations arméniennes ont diminué suite de cette adhésion et les échanges commerciauxavec la Russie n’ont pas connu une hausse non plus. S’agissant des relations entre l’Arménie et l’UE, l’ex-président a indiqué qu’il nesoutenait pas la signature de l’accord d’association avec l’UE tel qu’il était sur la table : « Non pas parce qu’il était bon ou mauvais, maisparce que certaines de ses dispositions étaient géopolitiquement sensibles, pour ainsi dire, pour nos autres partenaires ». Selon lui, il nefallait pas aller si loin dans les relations avec l’UE, pour ne pas se trouver ensuite dans l’embarras. Selon lui, la portée des liens entrel’Arménie et l’UE sera désormais « réduite et incomplète » : « Nous allons continuer à ressentir pendant longtemps les dommages à laréputation internationale de l’Arménie qu’a causé cette volte-face de dernière minute ».
Par la voix de son porte-parole, Edouard Charmazanov, le parti Républicain a dit ne pas partager la position de l’ex-président concernant la réforme constitutionnelle. Il a dit avoir l’impression que M. Kotcharian ne percevait pas la motivation de la réforme et toute son importance. Le porte-parole a tout de même salué le « langage quelque peu atténué » de l’ex-président par rapport à ses précédentes déclarations.
Revue de presse du 19 novembre 2015 de l’Ambassade de France en Arménie