«Résolution pour une solution politique de la Question Arménienne», de la nécessité d’y apporter modifications ainsi qu’une nouvelle redaction»(2)

11-12-2020 15:00:22   | Arménie  |  Articles et analyses





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quo;Concernant les erreurs, les oublis, les formulations inadéquates contenus dans la Résolution du Parlement européen du 18 juin 1987 «Résolution pour une solution politique de la  Quest
ion Arménienne», de la nécessité d’y apporter modifications ainsi qu’une nouvelle redaction» 
 
 
V. Dans la Résolution il est écrit:
 
«F. considérant que jusqu'à présent, le génocide arménien, historiquement prouvé, n'a donné lieu à aucune condamnation politique, ni à aucune réparation en consequence».
 
Notre explication et ses arguments
Oui, effectivement –«  le Génocide des arméniens est historiquement prouvé ». Mais  l’appréciaion n’est pas exacte. Dans la mesure où « le Génocide des arméniens est  historiquement prouvé », il s’est heurté politiquement  et juridiquement à réprobation à la suite de quoi a été prononcée la Sentence Arbitrale quant aux compensations territoriales.
 
Mais procédons dans l’ordre
 
Le Génocide des arméniens a été condamné en 1896, 1909, 1915, 1919.
Les pogroms hamidiens de 1894-1896 ont été condamnés par des personnalités en vue de l’époque – Jean Jaurès, Victor Bérard, Anatole France, Johanès Lepsiuis, Lynch et d’autres.
Le 24 mai 1915 la Grande Bretagne, la France et la Russie ont fait une déclaration commune condamnant les pogroms Jeunes Turcs et le Génocide des arméniens par laquelle le massacre d’avril 1915 est qualifié de « nouveau crime de la Turquie contre l’humanité et la civilisation ». Dans le texte il est dit en particulier : » Etant donné ces nouveaux crimes commis par la Turquie contre l’humanité et la civilisation, les Puissances Alliées déclarent  publiquement à la Sublime Porte qu’ils tiennent pour responsables de ces crimes tous les membres du gouvernement ottoman ainsi que ceux qui localement auront participé à de tels massacres ». 
 
L’Empire ottoman, auteur du Génocide des arméniens, a été l’un des premiers Etats à le reconnaître et le condamner. En 1919-1920  le Tribunal militaire spécial  de Constantinople a organisé le procès  des responsables Jeunes Turcs sous deux chefs d’accusation : implication de l’Empire ottoman dans la guerre et l’organisation de massacres et déportation de citoyens  fidèles de l’Empire – les arméniens. A la suite de quoi les responsables Jeunes Turcs – Talaat, Enver, Djemal, Nazim, Kemal bey, Djemal Azmi, Naïm, Bekhaeddin Chakir ont été condamnés à la peine de mort par contumace, ce qu’ont réalisé les vengeurs arméniens dans le cadre de leurs actions vengeresses : l’opération « Némesis ».
 
Il convient de souligner qu’avant que le Parlement européen n’adopte cette Résolution en 1987, le Génocide des arméniens avait été reconnu et condamné par l’Uruguay en 1965, par Chypre en 1982.
A l’heure actuelle le Génocide des arméniens est reconnu et condamné par 39 Etats, par un certain nombre de commissions de l’ONU 1985), par le Conseil de l’Europe (1998, 2001), par le Parlement européen (1987, 2000, 2015), par le Concile oecuménique des églises (1983), par le Tribunal permanent des peuples (1984) et ainsi de suite.  
 
Il faut également ajouter que le 7 mars 1919 le Comité spécial pour les compensations de la Conférence de Paix de Paris a créé une sous-commission – Commission spéciale qui un mois plus tard, le 14 avril 1919, a présenté son étude concernant les pertes matérielles subies par l’Arménie pendant la Première Guerre Mondiale qui montre la dimension générale de la perte matérielle subie par l’Arménie Occidentale et Orientale, évaluée à 19.130.982 francs français.
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Les faits cités ci-dessus démontrent qu’ une compensation pour les dommages subis par le peuple arménien et l’Arménie, y inclus les compensations pour spoliations matérielles, doit être effectuée  en appliquant les résolutions du Traité de Paix de Sèvres et la Sentence Arbitrale du 28e Président des Etats-Unis d’Amérique Woodrow Wilson étatnt donné que réponse avait été donnée, ratifiée, confirmée mais non appliquée.
 
De plus, cela a été sciemment oublié lors de la Conférence de Lausanne en 1923 .
 
C’est justement  toutes ces concessions impardonnables, incompréhensibles et absolument malséantes qui ont été faites contre la Question Arménienne. Et les dirigeants actuels de la République Turquie ont fait le choix du tout permis dans leurs relations internationales, dans la mesure  où leurs crimes sont toujours restés impunis.
 
Souvent en accompagnement ou par accord silencieux de la communauté internationale, la Turquie mène une politique agressive envers les peuples  et les Etats du Grand Proche-Orient.
 
En 1974 les forces armées turques ont envahi les quartiers nord de la République Chypre, répétant le scénarion des assassinats, de destructions et déportations de grecs et d’arméniens. Aujourd’hui ces territoires sont toujours occupés par la Turquie.
 
Les groupes terroristes opérant à l’intérieur de l’aire proche-orientale reçoivent une préparation militaire, sont équipés et groupés sur le sol turc puis envahissent la Syrie.
 
Les forces armées turques, sous le prétexte mensonger d’assurer la paix, sont entrées dans le nord de la République arabe syrienne et on ne sait pas combien de temps va durer cette nouvelle occupation.
 
Actuellement, sous des prétextes fallacieux et de soi-disant accords, la Turquie se prépare à envahir la Lybie.
 
L’impunité du gouvernement turc pour l’occupation en 1974 du nord de la République Chypre a permis aux autorités de la République Turquie de continuer  de fouler aux pieds avec cynisme toutes les normes du droit international y compris les Résolutions 541 et 550 de l’ONU (1974), adressées aux gouvernants de la planète de ne pas reconnaître  Chypre-nord en tant qu’Etat.
 
Nous sommes tous témoins des agissements, ces derniers temps, de la République Turquie – au Grand Proche-Orient, en Afrique du Nord, au Nagorno-Karabagh et en Méditerranée, provoquant la chute  irrémédiable de structures d’Etat et  la souverainité des Républiques Syrie, Irak et Chypre et, le plus important , menaçant la vie des peuples qui y habitent.
 
L’agression azerbaïdjano-turque  du 27 septembre 2020, ses crimes de guerre contre l’Artsakh (Nagorno-Karabagh), contre l’Arménie et le peuple arménien  avec lle concours de groupes terroristes internationaux et de drones israélo-turcs, ont montré une fois de plus qu’il s’agit d’une suite des guerres barbares contre la civlisation et que la libération du Plateau Arménien, berceau et carrefour des civilisations, est une nécessité historique et vitale pour la survie de l’humanité et la continuité du développement civilisationnel.
 
C’est la raison pour laquelle  il devient indispensable de mettre fin à l’incurie turque.
 
VI.  Dans la Résolution il est écrit:
 
«G. considérant que la reconnaissance du Génocide des arméniens par la Turquie doit dès lors être considéré comme un acte profondément humain de réhabilitation morale envers les arméniens qui ne peut que faire honneur au gouvernement turc». 
 
Notre explication et ses arguments
Nous actons ici que cette formulation « la reconnaissance du Génocide des arméniens par la Turquie sera considérée  comme une démarche  profondément humaine pour le rétablissement des droits moraux arméniens » est compréhensible mais incomplète et non appliquée. Parce que « à l’égard des arméniens » se posent des questions sur leurs autres droits – politiques, territoriaux, restitutions matérielles que nous avons détaillés plus finement  dans les autres parties de cette Résolution.
 
VII. Dans la Résolution est écrit:
 
«N. …regrettant profondément et condamnant le terrorisme absurde d’un groupe d'arméniens responsables, entre 1973 et 1986, de plusieurs attentats, réprouvés par une écrasante majorité du peuple arménien, ayant causé la mort ou blessé d'innocentes victimes, 
I. considérant que l'attitude intransigeante vis-à-vis de la Question Arménienne des gouvernements turcs successifs n'a contribué en aucune manière à apaiser la tension;  
1. est d'avis que la Question Arménienne et la question des minorités en Turquie doivent tomber dans le cadre des relations entre la Turquie et la Communauté; souligne en effet que la démocratie ne peut être implantée solidement dans un pays qu'à condition que celui-ci reconnaisse et enrichisse son histoire de sa diversité ethnique et culturelle; 
12. condamne avec fermeté tous les actes de violence et toutes les formes de terrorisme émanant d'organisations isolées et qui ne sont pas représentatives du peuple arménien, et appelle les Arméniens et les Turcs à la reconciliation». 
 
Notre explication et ses arguments
Précisons tout d’abord que trois, et plus, gouvernements successifs de Turquie, entre 1894 en jusqu’en1923 et au-delà (jusqu’à maintenant) ont organisé et continuent d’organiser des actes terroristiques d’Etat planifiés d’arménophobie, de génocide, de déportation et de génocide culturel à l’encontre du peuple arménien.
 
Précisons également qu’après 1920, le peuple arménien qui a été déporté a été privé de tous ses droits  et pendant de longues et pénibles années  il a attendu, rempli d’espoir, qu’un jour on se souvienne et qu’on rétablisse ses droits bafoués. Vaine attente. Les évènements de 1973-1986 définis dans la Résolution comme « actes de violence et actes terroristes qui ne sont pas de facture arménienne» se sont avérés être des actes contre la machine terroriste d’Etat  turque, de ses institutions, de ses hommes politiques pour commencer une lutte de libération, défendre et rétablir les droits bafoués et ignorés du peuple arménien. C’était une lutte héroïque de soldats contre un Etat terroriste, pour la libération de leur Patrie.
 
Comme l’a dit en janvier 1984 M. de Clerck, l’un des défenseurs assermentés du Tribunal de Paris : « On peut m’affirmer que ces gars ne sont pas des soldats , que  l’Arménie et la Turquie ne sont pas en guerre, comme si les soldats ont juste le droit de porter une arme, tuer à n’importe quel moment. Ils peuvent réduire Dresde à l’état de ruines, jeter une bombe sur Hiroshima, tuer des millions d’individus y compris les femmes et les enfants. Mais dans la mesure où l’Arménie n’existe plus, elle ne peut constituer  une armée « régulière ».
 
Il s’agit là d’une logique vraiment singulière. C’est bien la Turquie qui exécutait les hommes arméniens, sans déclaration de guerre, qui tuait les vieillards, les femmes, les enfants, qui remplissait d’orphelins les bateaux, qui déportait dans des pays étrangers. Vous, les turcs, pensez que cela suffit, la guerre est définitivement terminée. Mais est-elle terminée pour les arméniens auxquels on a ravi leur berceau et qui veulent survivre ?
Non, ces gars-là ne sont pas des terroristes, ce sont les soldats du peuple arménien, de ce peuple qui n’a pas de représentation diplomatique, de moyens de pression sur les Etats, mais il vit, survit grâce à sa culture,, à sa langue, à ses enfants et aussi grâce à ses héros et martyrs, en particuier grâce aux soldats que vous jugez aujourd’hui. Même si vous les condamnez, sachez que vous condamnez des soldats. ».
 
Donc, qualifier dans la Résolution les actions de la jeunesse arménienne de l’époque de « terrorisme aveugle », « d’actes de violence et d’une forme de terrorisme » n’est autre que protéger le terrorisme d’Etat développé par la Turquie.
 
VIII. Dans la Résolution il est écrit:
 
«2. Est d'avis que les événements tragiques qui se sont déroulés en 1915-1917 contre les arméniens établis sur le territoire de l'Empire ottoman constituent un génocide au sens de la Convention pour la prévention et la répression de crime de génocide, adoptée par l'Assemblée générale de l'O.N.U. le 9 décembre 1948; 
reconnaît cependant que la Turquie actuelle ne saurait être tenue pour responsable du drame vécu par les arméniens de l'Empire ottoman et souligne avec force que la reconnaissance de ces événements historiques en tant que génocide ne peut donner lieu à aucune revendication d'ordre politique, juridique ou matérielle à l'adresse de la Turquie d'aujourd'hui». 
 
Notre explication et ses arguments
La formulation est inexace étant donné que la République Turquie en tant qu’Etat-successeur de l’Empire ottoman a des obligations juridiques, politiques, territoriales et matérielles vis-à-vis du peuple arménien et de l’Arménie.
 
Passons-les en revue.
 
La République Turquie est obligée de reconnaître et condamner le Génocide des arméniens que le Tribunal militaire spécial de Constantinople, en 1919-1920, a désigné comme  deuxième facteur d’accusation à l’encontre des responsables Jeunes Turcs.
 
Dès la date de la décision du 28e Président des Etats-Unis d’Amérique Woodow Wilson, à partir du 22 novembre 1920, la Turquie devait démilitariser le territoire défini dans cette Résolution et le transmettre à l’Arménie. Cela est mentionné aussi bien dans le Traité de Paix de Sèvres que dans la Sentence Arbitrale du 28e Président des Etats-Unis d’Amérique Woodrow Wilson.
 
La République Turquie devait et reste obligée de payer compensations au peuple arménien pour une somme de 19.130.982 francs français, d’après les estimations présentées le 14 avril 1919 par la Commission spéciale pour les compensations de la Conférence de Paix de Paris à titre des indemnisations pour les dommages subis par l’Arménie pendant la Première Guerre Mondiale.
 
Il est vrai que cette estimation ne correspond en aucun cas aux pertes non seulement matérielles supportées par le peuple arménien pendant le Génocide des arméniens, c’est-à-dire le Génocide des arméniens perpétré  par les gouvernements turcs successifs  (1894-1923 et le Génocide des arméniens perpétré par les gouvernements successifs de l’Azerbaïdjan (1918 à 2016).
 
L’évaluation et le calcul des dommages induits par les crimes commis par les gouvernements successifs de la Turquie et de l’Azerbaïdjan, les pertes matérielles et pas seulement, subies par le peuple arménien et l’Arménie  sont, pour l’instant, incomplets et les requêtes non encore rédigées ni présentées aux organismes internationaux concernés.
 
La Résolution se réfère à la Convention de l’Assemblée générale de l’ONU du 9 décembre 1948 « De la prévention des crimes de génocide et leur condamnation », et mais pourtant il n’y a pas allusion à la Convention générale de l’Assemblée de l’ONU du 26 novembre 1968 « De l’imprescriptibilité des crimes de guerre et crimes contre l’humanité » qui, à nos yeux, constitue une grave omission.
 
Concluons. De fait, le Parlement européen a contourné et ignoré tous les faits et documents présentés ici et la résolution de la Question Arménienne est ravalée à la question « des droits de la minorité nationale et religieuse arménienne  de Turquie ». Et en cas de reconnaissance du Génocide des arméniens par la Turquie – « du côté turc … il s’agit d’un acte profondément humain  rétablissant les droits moraux des arméniens ».
 
IX. Dans la Résolution il est écrit: 
 
«3. Demande au Conseil d'obtenir du gouvernement turc actuel la reconnaissance du génocide commis envers les Arméniens en 1915-1917 et de favoriser l'instauration d'un dialogue politique entre la Turquie et les représentants des arméniens».
 
Notre explication et ses arguments
La formulation est incompréhensible. Si d’après les décisions de 1918, 1919-1920 concernant la résolution de la Question Arménienne des décisions spéciales  ont été adoptées, alors tôt ou tard elles devront être effectivement appliquées. Alors quel est le sens de “ normalisation du dialogue politique entre la Turquie et les représentants des arméniens” si les efforts d’une partie  dirigés échapper par  n’importe quel prix à la condamnation et aux réparations ne figurent pas à l’ordre du jour.
 
X. Dans la Résolution il est écrit: 
 
«10. Se déclare préoccupé par les difficultés que la communauté arménienne rencontre actuellement en Iran en ce qui concerne la pratique de sa langue et l'organisation d'un enseignement spécifique conformément aux règles de sa religion».
 
Notre explication et ses arguments
Cette idée est basée sur des données mensongères et injustement formulée . A la différence des Républiques Turquie et Azerbaïdjan, la République Islamique Iran est l’un des pays où la communauté arménienne mène sans contraintes sa vie spirituelle, culturelle, nationale et sociale. Les monuments culturels arméniens sont sous parrainage et protection d’Etat et font souvent l’objet de réparations et réhabilitations aux frais de l’Etat. 
 
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