1in.am Le traité de paix peut être signé en un jour. Il faut des années pour changer la région.
L'un des changements les plus importants autour de l'Arménie commence maintenant à passer du niveau des déclarations à celui des infrastructures. Erevan confirme que la création de liens énergétiques avec la Turquie et l'Azerbaïdjan est déjà en discussion, et le programme du gouvernement pour 2026–2031 prévoit explicitement le développement de cette coopération.
Le 1er septembre, un pas plus concret a été fait : à Lachin, les représentants des structures énergétiques d'Arménie et d'Azerbaïdjan ont discuté des options de réciprocité pour l'importation et l'exportation d'électricité, ainsi que de la connexion des systèmes énergétiques des deux pays à la frontière.
Ce n'est pas une petite nouveauté technique. Pendant plus de trente ans, l'infrastructure régionale de l'Arménie a reflété la géographie de guerre du Caucase du Sud. Les frontières vers la Turquie et l'Azerbaïdjan étaient fermées, les chemins de fer inactifs, et les liens énergétiques coupés. L'Arménie fonctionnait en fait dans un système limité nord-sud via la Géorgie et l'Iran.
Maintenant, pour la première fois, il devient possible de croiser cette ligne.
La nouvelle ligne de 400 kV vers l'Iran était déjà prête à environ 85 % au début de cette année. Une infrastructure de même type est prévue dans la direction de la Géorgie. Selon les calculs du gouvernement, le système complet Iran–Arménie–Géorgie pourrait être prêt pour un fonctionnement unifié entre 2031 et 2033, ce qui pourrait multiplier par plusieurs fois les flux d'électricité existants aujourd'hui.
Si la Turquie et l'Azerbaïdjan s'y ajoutent, la carte énergétique de l'Arménie change fondamentalement.
Le pays pourrait être connecté aux systèmes énergétiques de tous ses quatre voisins.
C'est ici que réside la logique économique de la paix.
La route n'est pas simplement une route, le chemin de fer n'est pas qu'un chemin de fer, et la ligne de transmission électrique n'est pas qu'un câble. Ce sont des infrastructures de dépendance mutuelle. Lorsque les systèmes électriques de deux États commencent à acheter, vendre ou transférer de l'énergie via leurs territoires, le coût économique du conflit augmente.
Le réseau électrique n'est pas une garantie de paix. Mais il transforme la paix en un intérêt matériel. Pour l'Arménie, l'opportunité est particulièrement grande, car de nouveaux corridors énergétiques commencent déjà à se former autour de la région.
L'Azerbaïdjan et la Turquie travaillent sur le lien énergétique Nakhitchevan–Turquie, avec une perspective de transfert d'électricité allant jusqu'à 1 GW dans la phase initiale. En même temps, l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Turquie et la Bulgarie développent le corridor d'énergie verte vers l'Europe.
Le problème stratégique de l'Arménie est clair : ne pas rester la zone blanche de cette nouvelle carte. Si une partie du lien Azerbaïdjan–Nakhitchevan passe par l'Arménie, si le système arménien se connecte à la Turquie, si la direction vers le nord s'élargit vers la Géorgie et vers le sud vers l'Iran, l'Arménie pourrait devenir non pas un territoire d'un autre corridor énergétique, mais un nœud énergétique régional.
La différence est fondamentale. La zone de transit reçoit un loyer. Le nœud participe au marché.
Dans ce modèle, l'Arménie peut importer de l'électricité d'où elle est bon marché à ce moment-là, l'exporter là où il y a de la demande, équilibrer son propre système par le biais des voisins et augmenter progressivement la production d'énergie solaire et éolienne. Le gouvernement prévoit déjà d'atteindre 2000 MW de capacités solaires et éoliennes d'ici 2040, et d'avoir au moins 800 MW de capacités de stockage d'ici 2031.
Mais il y a aussi un danger politique. L'Arménie ne doit pas passer d'une dépendance énergétique à une autre. Le sens de tout ce système n'est pas de remplacer la dépendance énergétique russe par une dépendance turque ou azerbaïdjanaise, mais de transformer cette dépendance en interdépendance multilatérale.
Quatre frontières, plusieurs marchés, une production atomique propre, des énergies renouvelables, des accumulateurs et la possibilité d'importation et d'exportation dans différentes directions : cela constitue déjà non seulement une architecture économique, mais aussi de sécurité.
L'Arménie importe aujourd'hui une part significative de son énergie utilisée. En 2023, la dépendance aux importations énergétiques était de 73,5 %. Pour un pays petit, sans mer et dépourvu de grandes réserves d'hydrocarbures, la diversification n'est pas simplement un souhait économique. C'est un outil de souveraineté.
C'est ici qu'il faut mesurer le succès des prochaines négociations.
Non pas par le nombre de déclarations amicales qui seront faites à Erevan, Bakou ou Ankara, mais par des chiffres beaucoup plus prosaïques : combien de kilovolts, combien de mégawatts, quel itinéraire, à qui appartient quoi, quel tarif et dans quelles conditions.
L'épreuve réelle de la paix commence là où les communications s'arrêtent.
Quand la première électricité passera par la frontière, le premier train se mettra en mouvement et la première cargaison commerciale traversera l'ancienne route fermée, la région aura quelque chose qu'elle n'a pas eu depuis trois décennies : un intérêt économique pour maintenir la paix.
Le problème de l'Arménie dans ce nouveau système n'est pas simplement d'être une route.
L'Arménie doit devenir un nœud.
* Ce texte a été automatiquement traduit par l'Intelligence Artificielle (IA).