1in.am Le nouvel ambassadeur de France en Arménie, Olivier Decottignies, a résumé ses trois années de mission dans une interview accordée à Nouvelles d’Arménie Magazine avec une formulation qui en dit bien plus qu'une simple évaluation diplomatique. Selon lui, la France a une ligne claire envers l'Arménie : «un soutien total, inconditionnel et cohérent». Les relations, qui reposent sur une amitié historique, sont devenues stratégiques, mais l'interview de départ de Decottignies est d'autant plus intéressante en tant que témoignage de la transformation géopolitique de l'Arménie ces dernières années, du point de vue d'un diplomate européen qui a suivi cela de près.
Il est arrivé à Erevan en 2023, au moment de la dépeuplement du Haut-Karabakh et de l'effondrement de l'ancien système de sécurité arménien. Il quitte un pays qui tente de construire sa sécurité et sa politique étrangère sur de nouveaux principes, en remplaçant la dépendance à Moscou par un système de partenariats multicouches qui élargit l'autonomie stratégique et la liberté de choix de l'Arménie.
L'une des formulations les plus précises de l'ambassadeur à ce sujet est la suivante : l'Arménie a compris que ses alliés ne sont pas toujours ses amis, et que les amis ne sont pas toujours des alliés. En 2021-22, lorsque le danger concernait déjà le territoire internationalement reconnu de l'Arménie, le système de sécurité russe n'a pas fonctionné.
La vision de défense de cent cinquante ans s'est effondrée aux véritables frontières du pays.
Pour l'Arménie, l'enjeu crucial est de ne pas passer d'une dépendance à une autre. La conclusion de l'effondrement du soutien russe n'est pas de chercher un nouveau parrain, mais de construire un système de sécurité où aucune force extérieure ne devient irremplaçable pour l'Arménie.
La nouvelle qualité des relations avec la France est importante dans ce contexte. Paris est devenu la première capitale de l'OTAN à ouvrir l'accès aux systèmes de défense modernes occidentaux pour l'Arménie, membre de l'OTSC. Une mission de défense française a été créée à Erevan, suivie de programmes d'infrastructure, de liens d'investissement et de soutien à l'approfondissement européen de l'Arménie. Ainsi, l'amitié historique acquiert progressivement une base institutionnelle pour une relation stratégique.
Cependant, le sens de l'approfondissement des relations avec la France n'est pas de remplacer la Russie par un nouveau parrain. Aujourd'hui, l'Arménie approfondit simultanément ses relations avec l'Europe, les États-Unis, l'Inde, la Chine, les pays du Golfe et l'Iran. Ce n'est pas simplement une expansion des liens extérieurs : l'Arménie tente de remplacer le modèle de sécurité dépendant d'un seul centre par un système de partenariats complémentaires, augmentant ainsi sa propre autonomie stratégique.
Cette même dépendance, l'Arménie doit également la surmonter dans son économie.
Pendant des décennies, le marché russe a été non seulement l'une des principales directions d'exportation pour l'Arménie, mais aussi un outil d'influence politique. Lorsque l'accès au marché peut être limité en raison des choix de politique étrangère d'Erevan, la dépendance économique se transforme en vulnérabilité politique. Selon Decottignies, c'est ici que la Russie devient un partenaire commercial peu fiable : l'accès au marché se transforme en un outil de pression politique. La réponse de l'Europe était à l'opposé : en réponse aux restrictions russes, elle a élargi l'accès au marché européen pour les produits arméniens.
La différence ne réside pas seulement dans la géographie du marché : la question est de savoir si le lien économique crée une dépendance ou une opportunité protégée par des règles. Dans un cas, la porte du marché peut se fermer pour désobéissance politique, dans l'autre, elle reste ouverte tant que des règles claires et uniformes sont respectées.
Cependant, l'Europe n'est pas du tout un partenaire plus facile. Le marché européen exige qualité et compétitivité, le système politique européen exige la primauté du droit, des libertés et des institutions fortes. Il n'est pas surprenant que, lorsqu'il parle de l'approfondissement européen de l'Arménie, Decottignies avertisse également de la détérioration des indicateurs de liberté de la presse.
C'est la différence entre le parrainage et l'intégration.
Le parrain exige fidélité. Le système exige conformité aux règles.
La nouvelle politique étrangère de l'Arménie doit être construite selon cette logique : différents partenaires de défense, différents marchés, différents liens économiques et le moins de dépendances irremplaçables possible.
Decottignies dit aussi une chose simple mais importante dans l'interview : l'Arménie est un petit pays, mais ce n'est pas un enfant. Elle peut prendre des décisions et définir ses propres intérêts. La force d'un petit État n'est pas de ressembler à une grande puissance. Sa force est de ne pas perdre la possibilité de choix. Par conséquent, le plus grand service que la France puisse rendre à l'Arménie ne sera pas de devenir son nouveau parrain. La relation stratégique franco-arménienne atteindra son véritable objectif si elle aide l'Arménie à devenir un État qui n'a plus besoin de parrain.
Decottignies part en rappelant que la force d'une grande puissance est aussi sa fiabilité : la capacité à tenir ses promesses.
Pour l'Arménie, l'autre côté de cette pensée est encore plus important. La souveraineté commence là où la perte d'un ami ne signifie plus la perte de la sécurité, de l'économie ou de l'avenir de l'État.
* Ce texte a été automatiquement traduit par l'Intelligence Artificielle (IA).